Dr Gàbor Vàradi


« Ce n’est pas pour la priver de plaisir que Dieu créa la femme »

Dr Gàbor Vàradi
Chirurgien plasticien
Genève / Suisse
www.gaborvaradi.com

Plus de femmes sont victimes de nos jours d’excision que de grippe. Cette mutilation est infligée aujourd’hui à 6000 fillettes par jour. Les 2 millions d’enfants mutilés ainsi viennent grossir les 160 millions de femmes excisées vivant dans le monde.

Cette mutilation génitale rituelle, appelée le plus souvent  mutilation génitale féminine (MGF), en plus des souffrances et des traumatismes psychologiques, s’accompagne également de complications immédiates graves. Cent mille petites filles en meurent par an, d’hémorragies ou d’infections surtout.

Les origines de cette tradition choquante remontent à l’antiquité égyptienne.

Le docteur Gàbor Vàradi, chirurgien plasticien à Genève, a été boulversé par cette pratique et ses conséquences, et a créé en 2005  une association de chirurgie humanitaire appelée Swiss & Love, ayant pour mission d’apporter de l’aide aux femmes excisées.

Sa volonté initiale fut la reconstruction des victimes de MGF, mutilées dans leur chair mais aussi dans leur identité de femme. Devenu rapidement conscient, grâce aux témoignages des femmes prises en charge, des conséquences psychologiques et sociales complexes de cette mutilation, le Dr Gàbor Vàradi a ajouté à ses priorités la diffusion de l’information et la promotion de l’éducation, ainsi que la sensibilisation à une approche psycho-sexuelle.

L’intervention chirurgicale  qui consiste à réparer l’excision, mutilation de la partie externe du clitoris, relève  de techniques  de chirurgie réparatrice relativement simples. La réparation anatomique est le plus souvent assez aisée, car les exciseuses ne peuvent pas couper plus profondément sous peine de déclencher une hémorragie mortelle. Cette réparation s’accompagne d’une récupération fonctionnelle souvent impressionnante et du  sentiment, pour les femmes opérées, de retrouver leur intégrité.

Quant au clitoris, cet organe mystérieux et mal connu encore de nos jours, il mesure entre  12 et 15 centimètres et, si son  intégrité est importante pour l’épanouissement sexuel de la femme,  le seul véritable organe sexuel primaire reste le cerveau. Ceci est d’ailleurs vrai également pour l’homme. Relevons que l’origine embryologique du pénis et du clitoris est identique.

L’infibulation, une autre forme de mutilation rituelle, consiste à fermer l’entrée du vagin. Son but est de contrôler la sexualité reproductive  de la femme. Le contrôle de la descendance des pharaonnes semble en avoir été la motivation historique. La réouverture  se fait également  de manière traumatique  lors du mariage, avant  d’être suivie d’une nouvelle fermeture jusqu’à l’accouchement et ainsi de suite. L’ancêtre de la pilule en quelque sorte, en version plus traumatisante et échappant totalement  à sa maîtrise par la principale intéressée !

Contrairement à l’infibulation, le but de l’excision est de contrôler  l’aptitude de la femme à la jouissance sexuelle. Sur le plan fonctionnel c’est en quelque sorte l’équivalent de la castration.

Quant aux exciseuses, elles continuent à jouer un rôle social important. Sortes d’infirmières traditionnelles, implantées dans un univers mêlant à l’islam des rituels chamaniques, leur recyclage réussi dans d’autres activités lucratives reste une des clefs de la lutte contre l’excision.

Fort de son expérience le Dr Gàbor Vàradi a commencé à enseigner son approche de réparation, notamment à des médecins africains.

Si l’excision se pratique de nos jours en Egypte, dans toute l’Afrique sub-saharienne ainsi que parmi  les populations émigrées issues de ces pays, en Europe et en Amérique on excisait des femmes jusqu’à la fin du  XIXème siècle en milieu médical, pour traiter des maladies hypothétiques.

Si, comme le dit la chanson,  « la femme est l’avenir de l’homme »,  combien de fillettes faudra-t-il encore mutiler avant que les hommes puissent désarmer leur peur ancestrale de la femme ?

Encadré par l’association Swiss & Love, le docteur Gàbor Vàradi  s’est fixé comme but de redonner aux femmes excisées leur identité de femme et l’accès au plaisir. Plaisir et bonheur du corps et de l’amour.