Qu’est ce que c’est?


MUTILATION GÉNITALE FÉMININE

Rituel pratiqué par certains peuples du continent africain. Survie d’une tradition* vieille de plusieurs milliers d’année. Consiste à mutiler le sexe féminin, pratiquée en bas âge, effectuée par habitude et respect d’une tradition nuisible.

* Tradition : “manière de penser ou d’agir transmise de génération en génération” (dictionnaire Larousse)

 

DESCRIPTION
Le rituel est organisé par les femmes, mère, grand-mères, tantes, se chargent de maintenir la tradition. Souvent plusieurs excisions se déroulent en même temps, dans un contexte festif. La fillette est maintenu immobilisée, l’exciseuse, une professionnelle respectée et bien rémunérée se charge d’effectuer la mutilation, avec une vieille lame de rasoir, un morceau de verre, un couteau. La plaie est badigeonnée de produits variables, les jambes sont souvent ficelées pour quelques jours. L’urine coule sur la plaie et ravive la douleur. L’infection menace. La fillette est « coupée », elle est désormais conforme à la règle du groupe.

HISTORIQUE
L’origine de cette tradition est obscure et ancienne.

L’hypothèse la plus probable l’attribue à l’ancienne Egypte (écrits d’Hérodote 450 avant JC, examens radiographiques de momies).

Vraisemblablement une volonté de contrôler la fécondité de la noblesse avait entrainé la pratique de l’infibulation. L’excision semble avoir eu pour but principal le contrôle du désir sexuel, notamment chez les servantes.

Cette tradition a ensuite été exportée vers la corne de l’Afrique puis s’est rependue dans toute l’Afrique sub-saharienne.

La rencontre des cultures, des traditions et des religions a abouti au système de croyance actuel et à certains amalgames. Notamment un grand nombre des pays concernés ont ensuite adopté la religion musulmane. Bien que l’Islam ne soutienne pas l’excision, elle ne l’a pas interdite non plus, et dans l’esprit populaire des confusions se sont installés. Récemment des représentants officiels de l’Islam ont publiquement condamné cette pratique.

Avec les migrations et les mouvements de populations en dehors du continent africain la tradition a été exportée dans les pays d’accueil, parmi les populations d’origine. Cette situation a contribué à sensibiliser l’opinion publique internationale et à soulever des efforts pour éradiquer cette tradition désormais reconnue comme nuisible et dangereuse.

DIMENSION ANTHROPOLOGIQUE
Le décryptage d’une ancienne tradition est toujours un exercice difficile et renseigne souvent autant sur la pratique en question que sur le système de valeur de l’observateur.

La mise en scène sociale du corps, sous des formes variées, est pratiquée par toutes les sociétés et ce type de comportement plonge ses racines aux origines des cultures humaines.

Des pratiques corporelles allant des pigments et parures aux scarifications, gaines déformantes, anneaux allongeant des segments du corps, inclusions et pendentifs incrustés, sont pratiquées dans toutes les sociétés à des degrés variables.

La mise en évidences et la manipulation des différences apparentes entre les hommes et les femmes est également un élément organisateur dans toutes les sociétés, avec des modalités variables.

DEFINITIONS

MGF – Mutilations Génitales Féminines
Mutilation volontaire – du sexe féminin – effectué dans un but rituel

Excision
Amputation de la partie externe du clitoris. Peut s’accompagner d’amputation partielle ou complète des petites et/ou des grandes lèvres.
L’amputation du clitoris est toujours limitée, car le lacis veineux qui entoure l’organe à 2 cm de profondeur entraine la mort par hémorragie si on le lèse.

Infibulation
Fermeture partielle de l’orifice vaginale

Ces mutilations sont effectuées dans des conditions ritualisées, et dans une totale absence d’hygiène médicale. Il en découle douleur, infections, hémorragies et, bien entendu, un intense traumatisme psychologique.

Excision et infibulation peuvent être pratiquées ensemble ou séparément. L’importance de la mutilation est variable, selon la région, la praticienne.

Circoncision pharaonique
Pratique conjointe de l’infibulation et de l’excision. Cette dénomination révèle l’origine historique probable de ces traditions, dans l’antiquité Egyptienne.

Circoncision
Tradition également ancienne et touchant la sphère génitale masculine qui consiste à enlever la peau du prépuce. Pratiqué au 8ème jour après la naissance chez les Juifs et plus tard chez les Musulmans. Les conséquences sont incomparablement plus anodines.

Sunna
Ablation uniquement du capuchon clitoridien. Se rapproche de la circoncision masculine. Peu pratiquée.

Exciseuse
Femme pratiquant ce rituel de manière professionnelle

Hommes
Les hommes des régions concernées participent activement au maintient de cette tradition, puisqu’ils considèrent une femme « non coupée » comme impropre au mariage. La prise en charge de la tradition est toutefois entièrement gérée par les femmes.

Age
Le plus souvent le rituel est effectué sur des fillettes en bas âge, en moyenne entre 2 et 5 ans, parfois plus jeune, d’autre fois sur des adolescentes.